Les jeunes baignent dans la culture numérique, dans l'univers freelance, multi-tâches, les réseaux sociaux, et le coworking. Ils transforment l'entreprise en coopérative d'indépendants, ce qui est très différent de manager des CDI.
Joël de Rosnay

Scientifique et prospectiviste français

Ce qui va attirer en premier lieu les jeunes étudiants que j’accompagne, c’est le vernis, la vitrine. Ils sont en effet très sensibles à une communication à la Uber, à la Apple… une communication un peu décalée, assez familière et en même temps assez « smart ».
Ils sont aussi très sensibles à tout ce qui est proposé en termes de services à la personne, à savoir, les crèches (pour plus tard), des salons de bien-être, une cafétéria sympa, un service de conciergerie, et autres avantages. C’est ça qui va les attirer, car ils s’identifient aussi beaucoup à l’image de marque. Ce qui va les attirer c’est l’image de l’entreprise qui va les employer, le fait qu’elle fasse envie. Ce qui compte aussi, c’est le fait de pouvoir être fier de porter les valeurs de la marque, voire qu’elle ait un côté esthétique plaisant.

Enfin, de façon plus profonde, ce qui commence déjà à les interpeller, ce sont les offres que les entreprises peuvent proposer en termes de formation interne. Ils ont en effet déjà le souci de rester dans cette flexibilité. Ils sont conscients qu’ils devront être polyvalents, qu’ils devront sans cesse s’adapter avec la digitalisation croissante, qu’ils devront collaborer énormément avec d’autres secteurs de métiers.
Du coup, j’imagine – je ne leur ai pas posé la question directement – , qu’une entreprise sera plus attirante pour eux si elle ne dissocie plus un temps pour apprendre, un temps pour produire. Car je pense que ce qui serait de nature à attirer les talents, serait lié au fait qu’il y ait une sorte de fluidité dans la formation continue, avec des méthodes pédagogiques innovantes de blended learning, de partage de pratiques, quelque chose de plus collaboratif…

Mathilde Friedberg

Coach & Formatrice, Consultante en orientation certifiée ComColors®
En quête de sécurité de l'emploi, 31% des 20-35 ans envisagent de rester plus de 5 ans dans la même entreprise (+6% vs 2016)
Millennial Survey 2017

par Deloitte

Au Japon, les patrons adoptent leurs employés !

Au Japon, 98% des adoptions concernent des jeunes hommes âgés entre 20 et 30 ans, et sont faites par des chefs d'entreprises à la recherche d'héritiers. Ainsi, des multi-nationales comme Toyota ou Suzuki ont pu rester des entreprises dites familiales, car dirigées par des fils adoptifs.

Une pratique qui ne date pas d'hier et qui permettrait aux entreprises japonaises de durer – le Japon rassemblerait le plus grand nombre d'entreprises ayant plus de 100 ans. Car en transmettant en effet leur société à un seul héritier – adopté ou non –, les dirigeants s'assurent que la stratégie et les valeurs de leur entreprise soient respectées. L'entreprise devient alors un véritable héritage à préserver et à gérer dans la durée plutôt qu'en appliquant une logique court-termiste.

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Le prêt de salariés entre entreprises, une pratique de plus en plus répandue

Je vais commencer par parler de leurs appréhensions, qui sont effectivement le chômage, la précarité, le fait d’être à la merci d’une restructuration, de ne pas être à même d’avoir cette plasticité, cette mobilité professionnelle. Déjà très jeunes, ils ont le souci de la formation continue, de pouvoir être flexibles sur le plan professionnel. Ils ont aussi une appréhension liée au fait qu’ils voient leurs aînés galérer de CDD en CDD, être au chômage... Du coup, il y a quand même l’envie de partir à l’étranger. De faire ses premières armes au Canada, à Singapour – ce sont des destinations qui reviennent assez souvent –, en Asie, etc. Voilà les appréhensions, qui correspondent au contexte actuel.

L’envie qui est partagée par tous, c’est de s’épanouir au travail. Il y a de fortes attentes en termes d’épanouissement. Mais j’aurais tendance à soulever quelques différences. Chez les moins diplômés, les envies sont davantage liées à la sécurité de l’emploi, à des horaires de travail fixes et à un bon salaire pour pouvoir avoir une belle voiture, une belle maison, un jardin, une qualité de vie assurée et être propriétaire. Notons également ce rêve qu’ils ont de pouvoir offrir des études à leurs enfants, sans que ces derniers aient à emprunter comme eux doivent le faire. Ça c’est chez pour les plus âgés, ceux qui ont déjà un peu « galéré » dans leurs premières années d’études, et les moins diplômés.

En revanche, chez les élèves déjà « sur orbite », issus d’un milieu socioprofessionnel – ou même avec un parcours scolaire – plus valorisant, ce ne sont pas tellement les horaires fixes ou la sécurité de l’emploi qui priment. Pour eux tout ceci va de soi. Leurs envies se situent plutôt dans le fait d’avoir une influence sur leurs conditions de travail, sur les horaires, le lieu, etc. Ils ont aussi des attentes en termes de responsabilités et d’initiatives, comme pouvoir choisir ses propres collaborateurs. Ils ont également des attentes en termes de mobilité, à la fois interne – à l’intérieur de l’entreprise –, et externe, pour pouvoir voyager… une envie de voyager et de découverte qui revient vraiment souvent. Il y a donc vraiment chez les plus jeunes et les plus « dans le bain » de la réussite scolaire et étudiante, cette envie de s’épanouir et d’être maître de leur destin professionnel.

Mathilde Friedberg

Coach & Formatrice, Consultante en orientation certifiée ComColors®