Mindset, un casque audio pour mieux se concentrer

Si je devais être très direct, cette question est forcément intrinsèquement liée au futur du travail au sens large, et du salariat en particulier, dans la mesure où je suis convaincu que les frontières entre l’intérieur et l’extérieur de l’entreprise vont de plus en plus s’estomper. Le statut de « salarié » à plein temps va également avoir tendance à diminuer de plus en plus, et on va aller vers de la pluriactivité, une forme de freelance généralisée.

L’espace de travail de l’entreprise, héritage du 20ème siècle – voire avant – permet d’exercer une forme de contrôle sur le salarié.
À mon avis, les nouveaux espaces de travail ressembleront davantage aux espaces collaboratifs que l’on a aujourd’hui, et ils seront beaucoup plus multi-entreprise et multi-activité qu’ils ne le sont aujourd’hui. On voit déjà de plus en plus d’espaces de travail mixtes se développer, qui vont par exemple être des espaces de « co-working » avec des crèches associées.
Et je pense qu’on va aller de plus en plus dans cette direction-là, avec des salariés qui seront systématiquement en mobilité et connectés, auxquels on demandera de moins en moins régulièrement de se retrouver dans l’espace de travail central de l’entreprise, qui n’aura plus vocation qu’à être un lieu de rencontre et non plus un lieu de production en tant que tel.

Lucas Francou

Responsable stratégie et développement de NUMA
Les espaces de travail deviennent un enjeu de business comme un autre. Avec ses bienfaits : tous les actifs vont, d’une certaine façon, devenir des “clients“ du monde professionnel, avec davantage de services et de prise en compte de leurs besoins. Mais également ses travers : [...] les espaces standardisés et impersonnels que connaissent la plupart des entreprises aujourd’hui [...] seront demain remplacés par de nouveaux espaces tout aussi standardisés….
Martin Piot

Directeur général de l'agence W.

Une banque innove des espaces de co-working sur rails !

Après la SNCF, Volkswagen se lance dans le coworking

Le robot-stagiaire

Pour être conscient de la situation, le bureau de 2040, c'est se projeter dans 25 ans !
Dans 25 ans, ceux qui arriveront sur le marché du travail ne sont pas encore nés ou tout juste, donc aujourd’hui, c'est un vrai pari et je pense qu'aucune entreprise n'est capable de faire cette projection de manière tangible et irréversible.

Par contre, les tendances de fond qui se développent et qui sont de plus en plus acceptées par les jeunes générations – surtout entre 8 et 15 ans –, sont toutes liées à l'économie du partage.

Le phénomène de colocation

Demain, on pourra rapidement voir sur le marché le phénomène de bureau en colocation. Aujourd’hui cela concerne le logement et je pense que demain cela concernera le bureau. On sera capable de partager, de mutualiser. Par exemple, une personne pourra payer l'imprimante, car elle aura parfaitement analysé le fait qu'elle ne s’en sert pas beaucoup et que par rapport à l’utilisation qu’elle en fait, elle l’amortira mieux en la partageant.
En plus, le prix de l’immobilier ne baissera pas, par rapport à l'ensemble de normes qui s’empilent, qui se superposent.
Le parc de l’immobilier en France est très qualitatif, que ce soit sur la performance énergétique, sur l’accessibilité pour les handicapés. Les infrastructures seront donc toujours lourdes et coûteuses. Il faudra donc de plus en plus se partager cet immobilier. L’entreprise ne pourra en effet plus prendre le risque d’héberger dans ses locaux 900 personnes, d’autant que si sur la totalité de son effectif, 50% travaillent depuis chez eux. Et ce même si l’autre moitié toujours très attachée aux lieux, reste à travailler sur place…

Je pense que les notions de collaboration, de colocation de bureaux, les espaces de coworking – qui s'inventent de plus en plus partout dans Paris, où l’on réinterprète des locaux qui étaient plus ou moins désaffectés, en prenant en compte leur charme pour en faire une dynamique autour du travail –, constituent vraiment un phénomène de fond qui va s'installer.

Quid du Coworking ?

Le coworking, très paradoxalement, abolit toutes les règles liées au code du travail. On supporte par exemple d'être à 6 sur une petite table parce que c'est plus sympa, parce qu'on échange plus, parce qu'il y a une vraie dynamique ; à l'inverse lorsque l'on doit travailler avec des instances représentatives du personnel, elles sont très exigeantes sur une superficie minimum à allouer par personne.

Je pense que ce cadre-là, lié notamment à tout ce qui est effet de syndication et aussi respectable soit-il, est en train de voler en éclats. Un phénomène de mue profonde étant entre autres dû au nomadisme permanent des salariés.

Le lieu de demain…

Le lieu de demain doit être ludique, vivant, évolutif, tout comme hyper accueillant et connecté. Donc je pense qu'avec ces éléments-là, le lieu de demain sera aussi la signature de tous ceux qui seront dans le lieu, et ne sera plus uniquement une image de marque.

Demain, j'imagine vraiment des lieux posés, comme des anciennes agences d'assurances qui sont en pied d'immeuble et qui deviennent soudain des espaces de coworking. Je pense que ça peut être un bon moyen de se réapproprier des centres villes abandonnés, en permettant à tous les gens de descendre de chez eux dans ces espaces. Peut-être qu’une laverie pourra devenir un lieu branché pour aller travailler…

L’intelligence de l'aménagement reposera sur notre capacité à réinventer des lieux qui existent et que l’on composera avec des coques, pour donner un charme ou une identité. Une identité qui deviendra plutôt la marque du lieu que la marque de l'entreprise. Or c'est ça qui réussira à être fédérateur autour du projet en entreprise. Et cela pourra être plusieurs entreprises ensemble qui partageront ces espaces-là.

Thomas Benoist

Gérant - Office-In Contractant Général