Les « robots conversationnels » associés à l'intelligence artificielle et à la réalité augmentée vont changer non seulement notre façon de consommer, mais aussi impacter tous les métiers de conseil. C'est une bombe à retardement pour les professions libérales, avocats, notaires, médecins, mais aussi les professeurs et les médias.
Laurent Alexandre

Président de DNA Vision

De la fiction à la réalité, un véritable enjeu économique et humain :

Un des sujets de prédilection de la science-fiction a toujours été une robotisation des conflits armés. Hier fiction, ce fantasme est aujourd’hui une réalité.

Les états sont de plus en plus nombreux à s’engager dans des programmes de recherche et de développement de systèmes armés autonomes. Aux Etats-Unis, le marché de la robotique militaire estimé à 3,2 milliards pourrait dépasser 10,2 milliards de dollars d’ici 2021. Ce boom se concrétise par une révolution de l’armement de terrain. Prenons le cas de la guerre en Irak. Son invasion par les États-Unis était entièrement humaine. Fin 2004, plus de 150 robots militaires étaient déployés. En 2008 ce chiffre était multiplié par 8…

Cette évolution est animée par plusieurs facteurs. Tout d’abord on peut noter la peur du terrorisme qui nécessite une solution militaire capable d’évoluer dans un environnement urbain. La rentabilité militaire est également au cœur des préoccupations. En effet, les restrictions budgétaires poussent les états à opter pour des solutions « rentables », directement exploitables, personnalisables, en mesure de préserver les ressources militaires humaines coûteuses.

On peut dès lors imaginer une architecture militaire où l’état-major ferait appel à de l’armement semi, voir totalement, automatique dans des zones risquées, permettant ainsi de limiter les pertes humaines tant civiles que militaires.

 

Un modèle opératoire déjà en œuvre au sein du conflit syrien :

Une unité de combat robotisée a pris part à une opération militaire et a contribué à reprendre une zone fortifiée tenue par l'État Islamique. Cette escouade supervisée à distance par des techniciens était constituée aussi bien de troupes terrestres (Platform-M et robots Argo) qu’aériennes (mini drones aériens d'observation). Une fois le terrain balisé par le peloton robotique, les troupes humaines ont pu prendre le relais afin de procéder à la sécurisation finale de la zone. Conclusion de l’opération : la prise d’une position stratégique difficile de l’EI au prix de quatre fantassins blessés durant la phase de sécurisation, là où une opération 100% humaine aurait enregistré un bilan bien plus sanglant. 

 

Une carrière militaire autour de nouveaux métiers :

Bien que cet exemple mette en exergue un déploiement de systèmes semi-autonomes, le pilotage de ces drones s’effectue à distance et sous supervision humaine, une autonomisation totale n’est pas à écarter. La prolifération des systèmes intelligents dans le secteur militaire (smart gun qui touchent sa cible à tous les coups, robots démineurs, drones aériens…) rend l’intervention humaine caduque, car limitée par ses temps de réflexes. L’automatisation complète serait alors la seule réponse face à ces temps de réactions infimes. Ainsi, des entreprises telles que le groupe français ECA développent des robots bipèdes capables de se mouvoir dans des zones accidentées, actuellement inaccessibles aux robots dotés de chenilles. Le géant Google s’intéresse également à ce phénomène via sa filiale Boston Dynamics qui développe plusieurs robots de combats à l’apparence d’animaux prédateurs tels que le BogDog ou le Wildcat. Avec un tel arsenal, on peut dès lors imaginer qu’une part non négligeable des militaires évoluera vers des métiers de superviseurs, de coordinateurs ou encore vers de la maintenance technique plus que du combat.

 

L’éthique, dernier rempart d’une armée de robots ?

Se pose alors la question de l’éthique. Bien que la robotique soit régie par des principes comme les célèbres lois de l’écrivain Isaac Asimov : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi. Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi. », celles-ci ne sont pas une garantie absolue. Le premier Etat à enfreindre cette règlementation sera indéniablement suivi par les autres car obligé d’assurer un niveau de défense équivalent. Que dire du risque de piratage des intelligences artificielles ? Comment programmer un arbitrage pertinent à ces nouvelles armes dans un combat urbain où se mêlent civils, policiers, militaires, casques bleus et terroristes ? Quelles seraient dès lors les notions de responsabilités si un incident se produisait ? Peut-on désigner comme coupable l’armée, le fabricant, l’informaticien en charge de l’algorithme ou le robot lui-même ?

On voit qu’au-delà de l’aspect purement technologique c’est bien sur le plan éthique que la bataille de l’armement du futur se joue.

Hadrien Maur

"Mamie au pair", ou quand les séniors se la jouent nounou !

D'ici 2030, entre 15 et 60 millions d'emplois liés à l'économie verte pourraient être créés.
D'après l'Organisation internationale du travail

(novembre 2015)

Quand le boom du business anti-solitude crée de nouveaux emplois

Comment on imaginait les métiers d'aujourd'hui en 1900

L'évolution est une évolution qui se déroule déjà maintenant. On le voit à travers la gestion de l'ensemble des données que le RH doit effectuer. Le RH est donc aujourd'hui de plus en plus assisté par des scientifiques, des mathématiciens et des statisticiens qui l'aident dans la prise de décision.

La fonction du RH est relativement cruciale, puisqu'il est là pour recruter les talents de demain, qui vont faire grossir l'entreprise et lui permettre d'évoluer et d'être un élément facteur de succès par rapport à un monde qui est de plus en plus concurrentiel. Il faudra donc qu'il puisse avoir une double compétence…
Une compétence qui soit celle de créer de la valeur – compétence qui relève de sa fonction principale. Il devra pouvoir créer de la valeur avec le candidat et savoir si ce candidat va être à même de véritablement s'intégrer dans la culture de l’entreprise. Il devra ainsi développer une image employeur à l'extérieur qui puisse refléter cette culture d'entreprise et attirer les talents nécessaires à son développement.

Je pense également qu’il y a une fonction qui est aujourd'hui de plus en plus liée à la gestion des données pour lui enlever la partie chronophage. Il faudra que le RH puisse intégrer cette fonction avec des outils qu'il va maîtriser, sur lesquels il va pouvoir trouver l’essence nécessaire à sélectionner les bons candidats, les compétences requises. Il devra ainsi maîtriser des outils qu'il ne maîtrise peut-être pas aujourd'hui et être en capacité d'avoir cette notion d'analyste des données. Ceci lui permettra ensuite d’utiliser ces données pour prendre la décision la plus adaptée, dans le but de pouvoir présélectionner une liste de candidats relativement précise, basée sur les compétences requises, mais aussi les « soft skills » qu’ils vont pouvoir matcher avec la culture d'entreprise.

Gilles Cavallari

Vice Président et DG Europe du Sud et Benelux de Monster