Ces entreprises traditionnelles qui font campagne... sur des plateformes de crowdfunding !

Les entreprises et la diversité

Je considère que l’on n'en demande encore pas assez. L'entreprise est encore finalement assez timide sur ces sujets, et notamment sur la diversité. La diversité, par exemple, est prise dans un certain nombre de paradoxes. On essaie de dire à l’entreprise qu'elle doit faire de la diversité parce que cela crée de la richesse, de l’innovation. Je l'entends, mais je pense qu'il ne faut pas simplement se mettre sur le terrain de la performance économique ou de l'innovation. La diversité introduit de la complexité managériale dans une entreprise. Si vous avez des gens de culture et d’histoire extrêmement différentes, ceci est moins facile que s’ils pensaient tous la même chose. Je pense aussi que la diversité entraîne des coûts supplémentaires et moins de facilité dans la gestion des projets, en tout cas à court terme. Donc je reste assez mitigé sur tout ce qui consiste à dire que la diversité crée de la performance.

Je suis plutôt persuadé que l'on pourrait trouver des chercheurs qui nous expliqueraient que finalement l’absence de diversité conduit finalement à une meilleure performance dans l’entreprise. Il ne faut donc pas se mettre uniquement sur ce terrain.


Le rôle politique des entreprises

Par contre, là où je trouve les entreprises timides, c'est sur le plan politique. Les entreprises ont un rôle politique, au sens grec du terme.

Elles doivent intervenir dans les sujets de la cité, car elles ont leur mot à dire. L’entreprise est un corps social dans lequel se retrouvent finalement des gens avec des parcours extrêmement différents. Les entreprises ont un savoir-faire en termes de gestion de projet, elles ont des moyens, la capacité d'innover, et peut-être plus de latitude pour expérimenter que l'État ou des grands organismes publics. Je suis persuadé qu'elles peuvent très utilement mettre tout ce savoir-faire, toute cette énergie, à la portée de sujets d’intérêt général  et publics.


Entreprise et organismes de médiation

L'entreprise doit s'investir sur les sujets de société et il faut arriver sans doute à mettre en place des organismes de médiation, des associations un peu comme Passeport Avenir. Nous sommes une association d'entreprises qui mettent à notre disposition des moyens humains et des moyens financiers, et nous faisons en sorte que cela soit utilisé dans le cadre de l’intérêt général. On définit par exemple avec l’État quels sont les territoires et les jeunes  auprès desquels il faut que l’on intervienne, ce que l'on doit faire avec les ressources que les entreprises nous ont prodiguées pour faire en sorte que l'on soit efficace et que l'on puisse apporter notre contribution à l'intérêt général.

Benjamin Blavier

Délégué général et fondateur de Passeport Avenir

Digital detox et journées "no-email" pour Intel

D'ici à 2030-2035, le problème que l'on va avoir est un problème social : la mise en concurrence des travailleurs intellectuels avec l'IA. La concurrence des travailleurs manuels avec les robots polyvalents, ce n'est pas avant 2030-2035. La vraie urgence sociale, politique et éducative dans les années qui viennent, c'est la mise en concurrence des travailleurs intellectuels [...] qui dans 5, 10 ou 15 ans vont très probablement ne plus être compétitifs face à l'IA.
Laurent Alexandre

Président de DNA Vision

En France, d'ici 2055, 43 % des emplois (soit 9,7 millions d'employés) pourraient être remplacés par des machines.
Harnessing automation for a future that works

Un rapport du McKinsey Global Institute (janvier 2017)

En savoir plus
Sabotage = détruire les machines à coup de sabots !

Le mot « sabotage » viendrait de la révolte des Canuts en 1831 à Lyon, durant laquelle des ouvriers auraient jeté leurs sabots sur les métiers à tisser pour les détruire. On voit d'ailleurs dans cet épisode l'un des premiers cas de révolte contre des machines.

Je m’appelle Philippe Wahl. Je suis Président Directeur Général de La Poste. La Poste, tout le monde la connait. Elle a un chiffre d’affaire de plus de 23 milliards d’euros. Elle emploie 260 000 personnes. Elle est présente sur tous les continents et elle a des métiers très divers tels que le courrier, le colis, l’express, l’international, la banque, l’assurance, les services à la personne… C’est une grande entreprise qui a conduit sa transformation et poursuit sa transformation à l’ère du numérique.

 

Comme je le disais, ce sont des compétences qui correspondent à des métiers très différents. Du banquier, de l’assureur, à  l’ « expressiste », au service à domicile, au livreur de colis et de courrier, vous voyez bien que dans cette très grande entreprise, les compétences sont très diverses.

Je crois que si on cherche à les rassembler, il y a d’abord la capacité à gérer une relation de proximité humaine avec un très grand nombre de personnes, et donc avec une très grande diversité des personnalités humaines rencontrées.

La deuxième chose sera bien sûr la capacité de maîtriser des outils qui sont des outils digitaux. De ce point de vue, on peut dire que La Poste a résolu le problème de la fracture numérique puisque par exemple les factrices et les facteurs ont toutes et tous comme instrument de travail un smartphone. Ils se sont donc convertis au numérique. Tous les jours, c’est un outil qu’ils utilisent, et qui aujourd’hui n’est pas encore utilisé à 100% de sa capacité et de sa puissance.

Et puis surtout, je pense que – les postières et les postiers l’ont montré au cours de leur histoire –, ils doivent intégrer la nécessité de changer, d’apprendre. Mais quand on voit l’évolution de nos métiers, on peut constater que cette troisième compétence qui vient s’ajouter à la relation humaine et à la maîtrise digitale, ils en ont déjà fait la démonstration en permanence. 

Philippe Wahl

PDG du groupe La Poste