Si un travailleur humain produit, disons, une richesse de 50 000 dollars dans une usine, ce revenu est taxé, via des impôts, des charges sociales, etc. Si un robot vient faire la même chose, on peut décemment penser qu'il faut imposer le robot à un niveau similaire.
Bill Gates

Interview du magazine online Quartz (février 2017)

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J’imagine plusieurs scénarios possibles, des positifs et d’autres moins positifs. Pour que le scénario soit positif et j'espère que l’on ira vers ça, je ne vois pas d'autre solution que d'avoir une implication plus grande du monde associatif et des entreprises. 

Ma conviction, c'est que les jeunes de ZEP, les jeunes de milieux populaires, ceux qui viennent de zones rurales très isolées, ou de quartiers périphériques, ont beaucoup de mal à poursuivre leurs études et sont en situation de décrochage. On laisse la responsabilité d'agir essentiellement à l'école. 

On s'abrite derrière un mythe républicain : l'enseignant tout seul va remettre en marche l'ascenseur social. 

Moi, je crois qu’effectivement, les enseignants continuent à être les premiers militants de l'égalité des chances, de l'égalité républicaine. Par contre il faut les aider dans ce rôle, parce qu'il y a un tas de sujets sur lesquels, ils sont justement en incapacité d'agir.

Au-delà du champ académique, il faut aller aider ces jeunes, les aider à comprendre ce qu'est le monde de l'entreprise. Il faut qu’ils comprennent qu'il y a des projets de vie sur lesquels ils peuvent s'investir pour lancer leurs activités, pour rejoindre une entreprise, ou encore pour aller dans la fonction publique.

Il faut leur montrer qu'il y a d'autres avenirs possibles pour eux, que celui de la musique ou du football, pour ne parler que de ce qui reste dans le « champ honnête ». Les enseignants, avec la meilleure volonté du monde, ne sont pas armés pour porter ce genre de message. 

Le deuxième aspect, c'est qu'il faut aller au contact de ces jeunes, pour leur parler de la réalité des métiers. Il faut créer la relation entre des mondes qui s'ignorent. Aujourd'hui, on a une réalité entre ces jeunes de quartiers ou de zone rurale, qui sont à quelques kilomètres de centres urbains ou d'entreprise dans lesquels vivent des personnes auxquelles ils n’accèdent pas. 

On a des mondes qui s'ignorent, avec des insiders, des outsiders, et ces gens, il faut effectivement les mettre en relation.

Je suis persuadé que l'on ne se sortira pas de cette situation s'il n'y a pas une mobilisation des entreprises pour aller aider les associations à mener ce travail. Ce n'est pas l’État qui prendra un décret mettant une injonction aux uns et aux autres de se rencontrer et de créer le dialogue. Ce n'est pas en s'abritant derrière le paravent de l'École Républicaine qu'on va s'en sortir, parce que c'est trop demander aux enseignants. 

Je pense que c'est fondamentalement le rôle d'une association comme Passeport Avenir, ou comme d’autres, de créer les conditions d'égalité réelles pour que tous ces jeunes aient un avenir… ceux qui sont en situation de décrochage scolaire, ceux en situation de mener des études mais sans savoir ou aller, ceux qui ne se voient pas spécialement d'avenir en France, qui ne se reconnaissent pas dans le projet républicain... Bref il faut « aller chercher » tous ces jeunes.

Benjamin Blavier

Délégué général et fondateur de Passeport Avenir
Environ 20% des personnes interrogées à travers le monde par le Ericsson ConsumerLab sont favorables à l’idée de remplacer un dirigeant politique, un patron ou un manager par une intelligence artificielle.
10 Hot Consumer Trends 2017

Par Ericsson ConsumerLab

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« Étoile-fileur », un métier bientôt à la mode ?

Des métiers et des activités vont apparaître avec cette transformation technologique. De tout temps, des métiers ont disparu et ont été remplacés par d'autres. Il suffit de se balader dans Paris et de voir le nom de certaines rues (rue de la coutellerie, rue des déchargeurs etc.) pour le constater. Peut-être que dans quelques années, nous aurons la rue des pharmaciens, la rue des taxis...
Nicolas Bouzou

Économiste français

Les secteurs de l'hébergement et de la restauration présentent le plus fort potentiel d'automatisation dans les années à venir (73%)... devant le secteur industriel, l'agriculture, les transports et la logistique ainsi que le commerce de détail.
A Future That Works : Automation, Employment, And Productivity

McKinsey Global Institute (janvier 2017)

Des chiffres au masculin :

10,5% c’est la part non expliquée qui distingue le salaire des hommes de celui des femmes en 2016 en France.

À travail égal cet écart se renforce avec la montée en grade, les femmes cadres sont rémunérées en moyenne 19,8% de moins que les hommes à travail égal, une aubaine pour des managers peu scrupuleux et désirant accroître leurs niveaux de rentabilité.

Une aubaine peut-être, mais comment se fait-il alors que la présence de la gente féminine soit si rare dans certains départements à l’instar des directions financières, commerciales ou techniques ? Pourquoi le sempiternel poste de direction des ressources humaines constitue-t-il un des rares, voir le seul, accomplissement professionnel accessible aux femmes ? Quelles stratégies les femmes doivent-elles mettre en œuvre pour aspirer au club très privé des hauts dirigeants ? Car oui, avec seulement 14% de femmes postées à des directions d’entreprises de 50 personnes et plus c’est un club très privé. On notera tout de même une évolution de +1,2 points en 10 ans, comme quoi on n’arrête pas le progrès…

 

Des pratiques profondément enracinées qui puisent leurs racines dès la période scolaire…

Existe-t-il alors un plafond de verre qui bloquerait l’ascension professionnelle des femmes ? Nous savons que la culture à travers l’éducation et l’enseignement notamment, joue un rôle prépondérant dans nos choix de carrière et dans nos représentations de la vie quotidienne. Et cela commence très tôt. Au Royaume-Uni une étude de la banque Halifax démontre que les inégalités de revenus hommes/femmes commencent dès l’âge de 8 ans avec 12% d’argent de poche de plus attribué aux garçons. Cette différence significative reposerait-elle sur le capital performance des petits britanniques ?

Plus sérieusement, le clivage du genre se creuse dès l’entrée en études supérieures avec par exemple la sous-représentation des femmes dans des disciplines scientifiques telles que les formations d’ingénieurs, d’informatique ou de finance au profit d’une plus grande représentativité dans les écoles de commerces à travers des disciplines telles que la communication ou le marketing et ce tant en France qu’à l’étranger.

 

Un phénomène global multiculturel :

Force est de constater que les inégalités hommes femmes n’ont que peu de frontières. On constate que seulement 30% de la masse salariale de la Silicon Valley est constituée par des femmes. Les inégalités de salaires sont également présentes avec des écarts pouvant aller jusqu’à 28% entre un programmeur et une programmatrice. Par ailleurs, selon une étude de Crunchbase seules 18% des starts-ups américaines sont dirigées par des femmes, un pourcentage trop faible encore pour bousculer la culture managériale actuellement en place.

Peu de mixité et encore beaucoup d’inégalités pour le fameux modèle de l’oncle Sam qui fait rêver moult dirigeants francophones…

 

Le Big Data, grand pourfendeur des inégalités ?

Ces pratiques sexistes pourraient cependant disparaitre avec la présence de plus en plus forte de systèmes de recrutement et gestion de carrières basés sur des algorithmes complexes. En effet, avec un volume toujours plus important de données sur les individus, des startups ont bien compris l’opportunité que pouvait représenter le recrutement prédictif.

Le principe ? Amasser de grands volumes de données afin de mieux comprendre les futurs candidats et construire à l’aide de ces données des classes d’individus. Ce système repose sur le croisement de compétences voulus et attendus, système en soit classique et déjà massivement employé, mais aussi, et c’est en cela que réside la nouveauté, dans la prise en compte des traits de personnalités des candidats.

Cette galimafrée digitale a pour vocation de produire des tests de personnalités capables de mesurer avec certitude la réussite de tel ou tel candidat à tel ou tel poste.

 

Un monde nouveau où le choix est superflu :

Ainsi, on peut très bien imaginer une société où la question de l’orientation professionnelle n’existerait plus. Où chaque individu aurait d’ores et déjà un poste parfaitement calibré à ses compétences et à ses traits de caractères. Le super algorithme pourra vous analyser à la source en prenant en compte vos données en ligne : diplômes et expériences professionnelles pour le volet compétence mais aussi activité, loisirs, fréquentations, idées politiques et historiques de données pour le volet psychologique.

Vous avez un Bac+5 Marketing opérationnel, vous aimez le cinéma, voyager et faire de la randonnée, vous êtes plutôt porté sur le social bien que foncièrement individualiste, et l’engagement syndical et politique vous indiffère, vous avez une prédisposition pour les troubles anxieux et quelques pratiques sexuelles exotiques : vous ferez un parfait consultant chef de projet-marketing-digital-managérial !

Plus besoin de se poser de question sur son avenir professionnel, l’algorithme a déjà tout prévu ! De là à ce que le recrutement prédictif efface les inégalités entre les hommes et les femmes et dépasse les préjugés pour aller vers des faits objectifs il n’y aurait donc qu’un pas.